On ne quitte pas un lieu dans lequel on a vécu, on ne le quitte pas on l'abandonne. On abandonne là un morceau des souvenirs localisés qui gagneraient à ne plus l'être, je me souviens c'était un samedi je me souviens précisément de ce que j'étais c'était un samedi il y avait le long couloir et les lits d'abord perpendiculaires. On s'agrippe à des lieux comme à des marques de ce que l'on a vécu, on abandonne peut-être là le souvenir des premiers jours des premières semaines, on s'agrippe à un lieu comme à un amour perdu sur lequel on doit fermer la dernière porte. Doucement je refermerai la porte sur l'année qui est passée, passée, qui m'est passée dessus et qui m'a arrachée, c'était un samedi c'était en octobre et je me souviens précisément de ce que j'étais, en juillet il n'y a rien à vivre et je ne sais pas qui je suis. On ne quitte pas un lieu sans essayer de s'accrocher désespérément à tout ce qui l'a fait, je m'agrippe à des souvenirs localisés au centimètre près mais bientôt je refermerai la porte et j'attendrai l'automne.
lundi, juillet 18, 2011
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5 Comments:
L'abandon oui...C'est vrai...On ne quitte jamais rien ni personne...on abandonne...j'avais jamais mis le doigt là-dessus...
Et l'abandon, c'est terrible.
L'abandon, ça a du bon, je dirais, moi qui n'abandonne pas souvent ! Lâcher prise sous la pluie, marcher, longtemps, se détoxiquer, s'abandonner, oublier, oublier, et puis reprendre, respirer la pluie, l'odeur de la pluie, garder l'essentiel, le beau au creux de la main. J'ai tant à garder... non pas tant, mais juste quelque chose de précieux, chaud et concentré au fond de moi. Pas toucher à ça.
"je refermerai la porte sur l'année qui est passée, passée, qui m'est passée dessus et qui m'a arrachée" c'est très beau cela. Et puis qu'est ce que c'est agréable de te relire.
Passionnée
Oh, merci :)
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