samedi, juillet 05, 2008

Ils décryptent.

J’attends des pianistes au coin de la rue et j’ironise les problèmes d’appartenance. Des pianistes pour me faire taire, définitivement, des pianistes aux yeux pervertis par l’odeur du soleil. Tu les connais, toi, les pianistes. Tu les regardes quand la nuit tombe et quand les garçons aux sourires artistiques se donnent la peine de t’attraper la main. La nuit tombe et tu écoutes, tu écoutes les notes enchantées dont tu n’as pas grand-chose à foutre. L’appartenance c’est ta main qu’on veut bien attraper, l’appartenance c’est les pianistes lorsque tu fermes les yeux et que ton ordinaire ne demande plus rien. Les yeux remplis d’ivresse de celui qui t’emporte, les yeux bientôt fermés du pianiste qui n’arrête pas de jouer. Tu l’enlèves tu l’extrais presque de l’absence, mais tu ne lui demandes rien. Le pianiste n’est pas vraiment fou, le pianiste aurait dû s’affoler pour devenir tien, et ta main prisonnière d’une autre ne demande qu’à le rester. C’est artistique et la mélodie suffira, c’est le sourire, artistique. Tu finis par ironiser le pianiste mal rêvé, ironiser pour implorer l’appartenance, même si ta main finira toujours par glisser et les valses par s’aliéner. Inverse.

6 Comments:

Anonymous lelocatairedu3e said...

Un bon pianiste mériterait une telle dédicace. Un de ceux que l'on sent du corps et non seulement des tons. Tes gammes sont les plus parfaites.
La plupart du temps, je reste sur la digue à regarder les grandes masses se défaire. Mais je n'ai jamais l'humeur vague en lisant tes mots ; j'en ai toujours le coeur clair comme de l'eau de roche.

juillet 05, 2008 6:50 PM  
Anonymous Anonyme said...

C'est joli ça "les garçons aux sourires artistiques".
Je me demande toujours si tes histoires sont purement fictives, ou si elles résonnent un peu de ta vie parfois. Et je crois que oui.
passionnée

juillet 06, 2008 11:47 AM  
Blogger Gregory Sey said...

comme une main qui se prolongerait dans celle de l'autre. Une mise en musique de l'un avec l'autre. L'un qui n'est pas sans l'autre.
Une partition de la vie et de l'amour, au piano à en faire trembler des doigts sur un sinistre clavier d'ordinateur.

juillet 06, 2008 2:25 PM  
Anonymous Matt said...

Les mains des pianistes sont souvent habiles qu'avec un piano. Parfois, elles se sont trop détruites sur les touches. Du moins, c'est mon cas.

juillet 10, 2008 3:04 PM  
Blogger khâryatide said...

Tant que c'est ainsi pianoté sur le clavier, je me laisserai prendre à cette partition artisique.

juillet 25, 2008 10:08 AM  
Blogger M'aime que said...

Le locataire du 3ème > (...) (ça veut dire que je ne sais pas quoi répondre) (mais ça m'fait sourire)

Passionnée > Tu as raison de le penser. Parfois de façon très lointaine, parfois bien plus. Et le garçon au sourire artistique, il existe, même, tu sais.

Gregory > Dommage que le clavier d'ordinateur ne fasse pas de musique, ou si peu : )

Matt > les mains détruites ont quelque chose de classe ^^

Kharyatide > merci !

juillet 26, 2008 5:42 PM  

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home