mercredi, mars 11, 2009
lundi, janvier 19, 2009
Et cris.
mardi, décembre 16, 2008
Aujourd'hui.
Ecrivez-moi si vous voulez le, mot, je vous le donnerai.
Le reste on en reparlera.
Interlude.
Je vais bien, merci. Je vais bien puis c’est déstructuré mais temporaire, c’est la chanson celle qui dit les poings dans tes cheveux. C'est la chanson, écoute-moi. Les poings dans tes cheveux, les poings dans tes cheveux me donnent envie de boucles, boucles, boucles, de boucles en nocturne histoire d’avaler les quelques rancœurs qui nous restent. Je vais bien je veux juste cacher mes deux poings dans des cheveux qui s’emmêlent aux miens. Je rêve de pianistes de grandiose de, je rêve de génie sur les touches noires sur les blanches, de musique classique au bout des doigts puis de boucles de souffles et de nocturne, je vais bien.
vendredi, novembre 28, 2008
Lignes.
C’était une histoire poétique celle des compas qu’ils s’étaient plantés dans les yeux le rythme prime sur l'ardent, on suit leur cours c’est circulaire ils ne sont pas décalés ils sont harmonieux mon amour, les compas dans les yeux les crises autour du cou.
L'histoire se démarque et s'enroule à l'attention de ceux qui ne savent pas regarder leurs déboires quand ils marchent, boire et déboire et c'est l'histoire des magnifiques elle se remarque et se déroule et c'est bien vrai, elle ne s'enroule plus jamais ce n'est pas un serpent c'est une liberté statique.
C'était une histoire acharnée lorsqu'on agrafait nos couleurs sur des mètres de renaissances froides l'homme suit son cours triangulaire ce n'est pas une rivière c'est un angle, l'histoire acharnée de ceux qui ne parlaient qu'en syllabes mon amour et dans syllabes ils disaient cils, un peu beaucoup passionnément c'était une histoire poétique personne ne s'acharne jamais on se décolore au plus vite on blanchit.
C'est une histoire géométrique comme tout blanchit d'extase et d'attraction, comme tout blanchit comme les couleurs montantes se déroulent alors c'est une liberté, cette histoire-là se débat dans les angles la pointe du compas redessinera les pupilles et ce n'est pas du décalage c'est de l'harmonie, mon amour.
lundi, novembre 10, 2008
T'occupe.
Il y a l'enfant qui garde la tête en bas pour que le sang monte plus vite, il sourit toujours plus fort tant que le sang monte plus vite, il y a la limite qu'il faut parfois repasser au stylo bleu, parce que la limite quand elle s'efface quand l'encre est délavée la limite ne se voit plus.
Il y a les soupirs qui s'alignent au bord tout au bord de l'eau et qui n'y tombent pas c'est encore une histoire d'équilibre, l'équilibre des soupirs au bord de l'eau vous y croyez vous sincèrement.
Il y a l'enfant qui garde la tête en bas pour faire l'intéressant il regarde la fille sur la balançoire en plastique et la tête en bas lui fait mal c'est le sang, il fait l'intéressant.
Il y a la limite qui n'a l'air de rien tellement les sourires lui sont passés dessus sans regarder, la limite ne se fait pas remarquer elle s'efface prête moi ton stylo bleu.
Il n'y a pas vraiment de soupirs ce ne sont que des souffles en suspens des souffles pas tellement au bord de l'eau finalement, la fièvre avait rêvé du poétique genre l'eau et cette connerie d'équilibre, que dalle, la fièvre.
Il y a danser la nuit on vous prête de la vie dans les veines dans les yeux puis tout va bien, il y a ceux qui existent et danser la nuit vous savez ce sont les proses fictives qui leur font la vie belle, belle, belle. Il y a l'instant musical et l'ivresse toujours le sang celui qui monte, à la tête aux joues partout le sang qu'on invite à danser et qui distribue des sourires à la pelle, vous y croyez vous.
Il y a la limite que personne n'a jamais vue, le mec se ramène timidement, son stylo bleu à la main mais on ne sait pas quoi en faire la limite on ne l'a jamais trouvée mec, range ton stylo et viens danser, la tête en bas.
dimanche, novembre 09, 2008
Entre crochets.
La jeune fille sur le quai marche à contresens par rapport au train qui s'enfuit le train dans lequel elle a laissé toute sa vie, la jeune fille sur le quai donne de ses larmes à tout ce qui la voit passer, je la regarde et je ne pense rien, je fuis. Parfois je regarde tomber ma vie et je ne fais rien, je la regarde qui s'écroule et qui ne vaut plus grand chose, qui n'avance que sur des espoirs factices et sublimés, des espoirs à me hanter des nuits durant, de l'infondé de l'idéal en somme, celui qui doit s'écrouler depuis si longtemps.
Je ne lis plus que de la poésie par crainte de comprendre trop de choses je ne lis plus je dors. Arrête, ne vis pas, ou tu en mouriras. Je rends mes armes vous voyez, le bouclier n'a jamais vraiment fonctionné je rends mes armes et ma vie tout doucement s'écroule comme prévu. Approchez-vous, tendez vos bras face au mur et laissez-moi vous raconter comme chaque minute me souffle son sourire que je n'arrive plus à neutraliser, que je ne peux plus combattre.
Approchez-vous et je vous noierai dans une vague de sentiments qui finit par déconner un peu trop, on y aurait presque cru vous savez.
mercredi, novembre 05, 2008
So on.
Pour le reste on regarde ailleurs un instant, un instant ou deux, s'il vous plaît.
samedi, octobre 25, 2008
Des courbes.
J'imagine les morceaux de bois que nos petites mains accrochent les uns aux autres, nos petites mains veulent des chaises, des chaises pour faire asseoir leurs confessions voyez-vous c'est tout simple et c'est de là qu'elles viennent, les fièvres dont on parle. On tend la main c'est du rouge accidentel, l'histoire d'après, ce n'est pas linéaire c'est pas systématique, rouge sans nuances comme le rouge tu sais brut, y'a pas de rapport c'est le bleu, marine électrique et plus clair clair comme leurs faux cieux là tu sais bien, non nous c'est rouge c'est tout simple voyez-vous.
Je m'attardais infiniment sur des couleurs des pulsations, les couleurs sont le rythme et l'avancée vous comprenez, une couleur au pied du mur et l'évanouissement s'en sort. On rapplique moderne et factice, du genre artificiel mais coloré, oui toujours vous savez, on n'est pas hypocrite on collectionne. Les collections rassurent le noir, dans l'genre système on n'est pas loin on rase les murs avec de la peinture sur la peau, on refait l'décor messieurs dames, discrètement mais en couleurs, toujours.
Le noir et blanc ça fatigue le ventre, tout comme le rouge ravive de fausses flammes mal fabriquées, et ouais tu vois tout s'vaut, par ici, presque tout.
jeudi, octobre 02, 2008
Déclaration.
mercredi, septembre 17, 2008
je mens
une balle dans les yeux et le reste essentiel, j'suis tout en bas d'un escalier qui ne tourne pas rond
baisse ton regard jeune homme je suis dessous, sous terre mais pas vraiment c'est optique c'est, illusion tu connais
non
y'a pas d'introduction à chaque fois, non plus, c'est du ressenti du grandiose comprends-tu on cautionne pas la, sélection,
ici comme ailleurs, ailleurs c'est en-dessous soyons clairs
mes paupières ne demandent qu'à ciller un peu plus vite et l'hiver a besoin de
vos bras
implacables impalpables une balle dans les yeux je vois, parfaitement, pourtant
j'absente
je ne suis pas dupe de moi-même et
ça dissimule tant que ça peut jusqu'au jour où,
et l'explosion.
Edit.
Depuis le temps que j'attendais la pluie, l'orage a rappliqué sévère entre trois et quatre heures de l'après-midi, un orage à boire du thé sous une couette en regardant par la fenêtre au cas où les éclairs réussiraient à flinguer quelques oiseaux. Je ne sais pas si le temps gris et peu sensationnel du jour est censé nous présenter l'automne, mais si c'est le cas c'est pas mal vu, à vrai dire on se met bien dans l'ambiance direct, enchantée, l'automne.
Bien sûr je suis comme vous, le vent sur les feuilles mortes, toutes ces conneries qui alimenteront notre prose minable pendant les deux mois à venir, d'accord. Mais en attendant, il n'y a rien de tout cela. Il y a la pluie, le gris, le gris, le gris, et je n'y vois personnellement rien de marquant rien à, sublimer. Alors plutôt que de la jouer sensible à la moindre goutte de pluie sur le bitume, je vais faire comme dans la chanson et rester planquée dans la salle de bain, pour le cas où l'eau qui coule, la douche, froide puis brûlante voyez-vous, serait source d'inspiration. Pas évident, l'concept.
vendredi, septembre 12, 2008
Respirations.
C'est une machine, tu sais, qui construit nos tissus, comme les machines à sentiments mais en plus gros évidemment. Quand on modèle les sentiments on ne dit pas de quelle couleur, cela ne posait pas problème à l'entrée du théâtre bien sûr, on avait déguisé nos yeux et c'était une histoire de rois cela ne fait aucun doute.
Les princes convoitent le premier balcon ils se la jouent déclaration basique et tous les déguisements marchandés tombent dans le panneau du, premier balcon laissez passer ; pas nous. On est pratiquement présentables dans nos costumes décostumés dans nos yeux vrais puis, déguisés, laisse-moi te dire qu'on n'a pas besoin de machine à la porte d'entrée du théâtre, on les dépasse.
Forcément tu fais mine de savoir, mais l'odeur du cuir au milieu de l'orchestre c'est antilogique, c'est, tu t'y conformes être impassible. On a choisi la deuxième vague de toi à moi, à cause du désaccord de la violoncelliste, et maintenant on survole, on maquille les sièges en noir charbon le troisième acte n'aura fait rire que nous. Tant mieux.
Le premier balcon nous déguise terribles pendant qu'une paire de sentiments à moitié finis bloque l'entrée du, grand théâtre, grand orchestre à quoi bon, peu importe. L'instrument désaccordé nous passionne électrique au milieu des tissus, du cuir et toujours du scandale, celui qu'on a joliment décostumé, oui mais tu sais bien.
Tu prends ma main premier balcon, sur scène il fera chaud puis laisse tomber le maquillage, on les a battus d'puis l'début, leurs mauvais rois de pacotille.
vendredi, septembre 05, 2008
Elle n'est pas morte, elle joue à colin maillard.
Les enfants, quand ils ne bougent pas, ont la grâce d'une danseuse étoile, mais regardez jeune homme, cet enfant mort qui se balance, qu'il est vulgaire au milieu des, grands seigneurs en dentelle. Même la tête, comprenez bien, c'est une poupée qu'il faudrait faire danser et, a-t-on déjà vu de ces marionnettistes déguisés en château, les a-t-on vu pointer un bout de leur costume le jour du quatorze juillet.
Tout ceci m'étonnerait fort, elle n'est pas morte, celle-ci, personne ne l'a étouffée voyez vous-même ce sont ses yeux, ses yeux brillants que l'on a bandés pour ne pas, ne jamais, ne pas tricher pas aujourd'hui. Elle compte jusqu'à trente elle ne sait pas compter, elle fait semblant mais celle-là sait danser, c'est écrit, au bout de ses cheveux dispersés détournés.
On me détourne vous savez, je perds la tête et la raison, puis je devrais prendre le temps de vous le dire, de vous dire comme un sourire, parfois, ferait danser les enfants morts, splendide.
mercredi, septembre 03, 2008
De l'important.
Le bateau était donc rouge et la fille avait sur les yeux quelque chose qui se rapprochait du bleu puis du gris quelque chose de brillant qui rendait son regard presque plus beau que le reste, la fille était maquillée comme en hiver et pourtant la petite main gauche avait dessiné un soleil grand comme l'été grand comme l'attente personne n'a rien dit mais le bleu-gris était vulgairement de trop et le garçon avait de la peinture sur ses chaussures.
On était presque pas serré puisque le carton ne prend pas l'eau que le carton est là pour jouer au grand monde celui que personne n'a jamais vu mais que tout le monde croit connaître on dirait qu'il suffit de prendre un feutre et de regarder ce qu'il sait dessiner c'est ridicule de sincérité, le grand monde, on dirait.
Puis on a craché sur les couteaux en plastique qui nous auraient servi de rames, on a craché sur les outils fictifs puisqu'il suffisait de regarder droit devant soi droit sans cligner c'était la consigne et, il avait du feutre rouge jusqu'au-dessus des lèvres il ordonnait de ne pas cligner moi j'ai gagné facile je me suis entraînée, entraînée à cracher sur les couverts en plastique le jour ce fameux jour ce jour grandiose où ils avaient dû nous servir de parapluie.
Logique.
dimanche, août 31, 2008
Et puis, surtout, c'est sous-terrain.
samedi, août 23, 2008
Et vous est-ce que vous avez le temps.
dimanche, août 17, 2008
vendredi, août 15, 2008
La caresse et la mitraille.
On n'est pas misanthrope pour rien dans le rang des salauds, on est misanthrope pour le scandale le narcissisme, c'est prétentieux ouais, notre histoire, les cartes en moins, pour sûr. Plus tard je vous raconterai comme il est difficile de leur faire croire en soi quand on ne sait pas bien en quoi ils devraient croire exactement. Ce qu'il y a à aimer, par ici.
On abat les cartes en silence, les cartes c'est un jeu, on s'éloigne toujours un peu plus de ceux qui, on protège son orgueil déraisonnable et le narcissisme encercle tout le reste, prisonniers vous savez, prisonniers des cartes qui ne sont pas celles que l'on voudrait abattre, des insultes au bord des lèvres et des espoirs étalés sur chaque centimètre de nos peaux.
Plus tard je vous raconterai probablement quelque chose de sensé, quelque chose d'ensablé, de maritime, on ne sait pas très bien où le narcissisme acceptera de nous mener, vous savez.
samedi, août 09, 2008
Et ainsi de suite.
dimanche, août 03, 2008
Secrets.
On fait dans le sérieux le maîtrisable au fond tu sais très bien, on ne tient plus grand-chose. On a lâché la corde et le maîtrisable ce sont les barreaux, ceux qu’on voit de loin, quand on s’abstient de s’approcher. C’est très sérieux puis viens par là, tu vas voir comme c’est absurde, ici, à l’intérieur. Les émotions se mélangent et, tu ne vas pas le croire, les émotions déteignent les unes sur les autres, elles sont prêtes à briser les barreaux mais heureusement c’est très sérieux, ici.
Ici on ne brise pas, on dissimule. Les barreaux tu sais très bien, les barreaux c’est, la pudeur, ils diront. Et ils auront raison car c’est absurde, notre intérieur. De la froideur par paquets, de la froideur et de la distance pour le cas où quelque compréhensible ferait surface, ouais t’imagines. Je cache l’absurde le plus limpide derrière des barreaux de distance, c’est très sérieux, ici, la distance. On voudra regarder par ici mais si vraiment, si l’on veut regarder je m’approche, tu sais, ils verront à quel point c’est absurde, des émotions qui se dérangent.
Et s’ils restent, si malgré tout ils s’arrêtent là pour l’absurde qui déraisonne, alors je leur dirai comme il n’y a rien de très sérieux, ici, à l’intérieur. Je leur banderai les yeux pour leur crier dans les oreilles que c’est absurde comme de l’eau de roche, là, juste là, derrière tous ces barreaux qui n’en sont pas.
dimanche, juillet 27, 2008
Et des couleurs.
Il y a l'approximativement indécent qu'elles dessinent sur leurs jambes bronzées, et le simple restant, pour tout ce qui ne se dit pas. On aurait perdu les clefs d'leur saison ça n'aurait pas changé grand chose, on ne savait pas comment reculer dans les arbres en fleurs et reconnaître l'odeur de la mer, bien sûr que si, jeune homme. C'est du délirant qu'ils injectent à trois heures du matin en voyant chialer les branches et découper leurs hirondelles.
Des doigts inconnus les découpent, leurs hirondelles, et les ombres chantent dans le sens du vent, tu sais bien, y'a plus qu'à regarder vers où s'envolent tes cheveux. On n'avait rien perdu même pas les clefs, on aurait bien crevé dehors, mais l'alternative du mec illuminé était plus classe et plus brûlante, on aurait perdu les clefs d'leur raison, tout était là où il fallait, c'était tant mieux.
samedi, juillet 05, 2008
Ils décryptent.
J’attends des pianistes au coin de la rue et j’ironise les problèmes d’appartenance. Des pianistes pour me faire taire, définitivement, des pianistes aux yeux pervertis par l’odeur du soleil. Tu les connais, toi, les pianistes. Tu les regardes quand la nuit tombe et quand les garçons aux sourires artistiques se donnent la peine de t’attraper la main. La nuit tombe et tu écoutes, tu écoutes les notes enchantées dont tu n’as pas grand-chose à foutre. L’appartenance c’est ta main qu’on veut bien attraper, l’appartenance c’est les pianistes lorsque tu fermes les yeux et que ton ordinaire ne demande plus rien. Les yeux remplis d’ivresse de celui qui t’emporte, les yeux bientôt fermés du pianiste qui n’arrête pas de jouer. Tu l’enlèves tu l’extrais presque de l’absence, mais tu ne lui demandes rien. Le pianiste n’est pas vraiment fou, le pianiste aurait dû s’affoler pour devenir tien, et ta main prisonnière d’une autre ne demande qu’à le rester. C’est artistique et la mélodie suffira, c’est le sourire, artistique. Tu finis par ironiser le pianiste mal rêvé, ironiser pour implorer l’appartenance, même si ta main finira toujours par glisser et les valses par s’aliéner. Inverse.
mardi, juin 24, 2008
De l'air.
A l’air libre, tu comprends. Il n’y aura plus rien de joli à voir si vous étouffez là sans nous, sans nos airs de têtes à claques pour vous rappeler que vous n’existez pas vraiment. On est passé en mode complexité des illusions, vous avez perdu la notice et vous restez à vous demander si vous avez bien fait de tout jeter.
Le truc joli qui brillait dans vos yeux, ce truc un peu plus classe que vos mines d’apprentis, va finir par se barrer si vous ne regardez pas ici. On vous tend les expressions, les accentuations magiques, mais vous, vous croyez vivre, dans votre coin.
Et vous ne vivez pas, ça non, vous dégustez le néant comme des aveugles, vous ne vous rendez plus compte de rien, et pendant ce temps nous attendons que vous y compreniez quelque chose.
Dramatique, ne crois-tu pas. A l’air libre, tu comprends. On n’écrit sûrement pas pour soi. On n’écrit sûrement pas pour tout le monde. On choisit, silencieusement. On falsifie les pronoms personnels et l’indicible persiste là où rien n’a jamais été aussi clair que les idéaux du fond d’nos têtes.
Il n’y aura plus rien de joli au fond de vos yeux si vous ne faites pas attention aux spectacles qui brillent tout autour. Et tout ça, tu le sais bien. Mais demain vous recouvrir de flammes, d’yeux brillants, et du reste. Tellement.
lundi, juin 09, 2008
On s'occupera du reste plus tard.
mercredi, juin 04, 2008
Bribes.
J’ai cessé de croire à la mer, un joli matin de septembre. J’ai cessé de murmurer les flots lorsque j’ai compris que les étoiles étaient trop loin, beaucoup trop loin pour se refléter dans mes vagues spectaculaires. Un matin de septembre j’ai compris que nous n’irions nulle part. Que l’océan que j’appelais depuis ma fenêtre, celui que j’espionnais chaque soir et que je sculptais entre mes doigts, ne me mènerait pas dans l’ailleurs dont il donnait les traits, parfois. J’ai arrêté avec la mer comme avec les idéaux, je me contente du vent qui fait trembler les voiles, la nuit, au fond du ventre. Je ne suis plus le petit garçon qui regarde passer les bateaux. Je suis l’étranger qui ne sait plus très bien où il doit regarder. Je dessinais des navires comme on ferait une maison, je demandais l’avenir et la mer, tout doucement, les yeux éblouis par le phare. Un matin de septembre les étoiles n’étaient plus là, oui mais la mer brillait toujours. Ce matin-là j’ai arrêté, arrêté de penser que le ciel se réalisait devant mes yeux, sur les flots. Je ne suis plus le petit garçon qui regarde passer les bateaux en attendant de toucher une étoile. Je suis l’étranger qui contemple le ciel et qui n’y voit plus que du noir.
mardi, juin 03, 2008
On s'entrechoque.
Il a des manches trop longues qui recouvrent ses mains, elle se tait mais elle admire, silence, elle admire, les yeux les boucles les manches, la fuite. Elle ne lui dira pas que ses doigts qui dépassent à moitié lui donnent envie de tout, déchirer, de tout enlacer. Il est parfaitement défait parfaitement chronique dans le, non-sens. Il ne le savait pas lorsqu’elle l’espionnait jusqu’à trois, un deux trois il court et elle le suit, partez. C’est son délire ultime, c’est son dernier accroc, c’est ce qu’il pense il cherche le sens qu’il a lui-même caché, c’est sa folie sa pulsation, il vit.
Elle n’est jamais assez cruelle elle n’est jamais assez réelle elle ne sait pas courir, elle ne vit que par les boucles brunes qu’elle a dessinées une nuit, crises et, rétrospectives. Il n’est pas symbolique il méprise, il court artistique après le sens, après le sens mais lequel, entre ses dents l’abject, celui qui n’est pas symbolique, alors. Elle perd. Elle perd à chaque fois, elle est bien trop facile diurne logique elle ne suit plus.
Mais toujours elle s’arrête, le personnage ne la veut pas, il court après le sens qu’il a lui-même tué, il court après son sens à lui, le reste il l’assassine, les mains derrière le dos un couteau de plus dans les yeux.
mercredi, mai 28, 2008
Tout passe.
jeudi, mai 15, 2008
On raconte des vies, II.
Il marche les poings serrés les lèvres crispées sur le temps qui passe, il regarde les femmes sans les voir. Le vent fait trembler ses cils et glace ses joues déjà figées. Le vent souffle et c’est, la mer, dit-il. S’il parle s’il murmure c’est pour se souvenir qu’il est encore vivant.
S’il plante ses ongles dans la paume abîmée de sa main, s’il attend la douleur c’est pour, vérifier, vérifier et continuer, on pense. Il marche lentement, il a peur de, non, il n’a peur de rien, il mesure les minutes et vérifie sa vie. Classique. Les femmes le regardent sans le voir.
Il murmure ses absentes à chaque pas. Il chuchote le nom de celles dont il a brûlé les yeux au hasard d’un, pont, au hasard d’un port. Il marche et la nuit se vengerait-elle, la nuit ne tombe pas la nuit ne cache rien. Ses gestes froids, ses mots désarticulés rayonnent, résonnent, en attendant que la nuit dissimule.
Une fois de plus. Le vieux marin ne sait plus regarder le temps qui passe, il marche et il murmure, le vieux marin ne cesse, de fermer les yeux sur l’absence.
dimanche, mai 04, 2008
On raconte des vies.
Le vieux marin a enlevé sa casquette, et s’est assis sans faire de bruit. Il n’est pas si vieux, le vieux marin. Ses cheveux ne sont pas encore tous blancs, on dirait qu’il les retient de toutes ses forces, on dirait que ce sont la dernière preuve de sa relative jeunesse. Le vieux marin a le visage marqué, abîmé, creusé.
Ses yeux verts ne sont que deux lueurs au milieu de ce masque, de ce masque hâlé, décomposé. Le vieux marin a la voix rauque et parle tout bas, une bière, il s’est assis sans faire de bruit. A la table du fond, celle qui n’est presque pas éclairée. Il s’est assis à la table du fond. Il préfère le noir, le noir plutôt que la lumière artificielle.
Il a enlevé sa casquette et les rides au coin de ses yeux rappellent la fatigue, la sienne, lourde, impossible à cacher. Le vieux marin n’a pas fini de s’abîmer, il pose ses deux poings sur la petite table en bois, ses deux poings bien serrés, de peur de se brûler. Sa peau semble détruite, martelée, des éclats de verre au creux des joues ou, simplement, tout ce qu’il a laissé passer.
Le vieux marin cache derrière ses yeux brillants le regard le plus, triste, on le regarde, on le plaint. Il ne le sait pas. Il boit, une bière, sa voix rauque et presque, timide, sa voix rauque ne cesse d’en redemander. On le fait répéter, souvent, les mêmes mots, le même rythme, le vieux marin ne connaît plus ce port, il a hésité avant d'enlever, sa casquette.
En entrant il a hésité, et ses yeux continuent de briller. Il ne pense pas au jour où ses yeux s’éteindront, il ne pense pas au jour où il aura cessé de croire. Ravagé, délavé, il attend. Il attend, remet sa casquette et dans un murmure commande une dernière bière.
Il ne reviendra pas ici. Sans faire de bruit, les poings serrés, il s’en va. Le vieux marin ne se retourne pas, il baisse la tête, son visage s’abîme un peu plus. Il ne se retourne pas, et personne ne le regarde vraiment.
mardi, avril 01, 2008
C'est faux c'est strident c'est, l'ivresse.
Y’en a des plus sérieux des plus exacts exactement, y’en a qui marchent et qui s’arrêtent, la laine ils en ont rien à foutre mais nous non plus gamin, hein, la laine on la connaît même pas. Puis c’est l’printemps gamin, le printemps s’il faut je te l’apprends mais tu sais bien y’a pas besoin, le printemps c’est presque les violons qui défilent qui s’appliquent se répliquent. Chacun son tour chacun son fil, y’en a qui filent, la laine, y’en a qui marchent qui courent, sur le fil.
De laine tu dis, de laine t’as rien compris, c’est le printemps gamin. A la limite moins un, à la limite pas plus tu sais, après le défilé sert plus à ça, éteins la musique ou t’entendras pas leurs marches leurs marches droit tout droit qu’ils marchent je t’ai pas expliqué mais quand ils courent ils s’enfuient pas ceux-là. Ils courent ils restent attrape ma main gamin tu verras c’que j’te dis attrape ma main on file on se défile mais j’te lâche pas tu sais la laine n’existe pas, pas au printemps pas sur mon fil.
Léger légère légers y’a rien qui passe rien qui vaut la peine d’être mangé. On avale plus qu’de l’air gamin, on est léger tu sais on a plus rien qu’des souffles, des souffles de ceux qui nous essoufflent mais n’aies pas peur on n’avale plus et on observe. Ouais c’est bien mieux comme ça gamin, on file on s’essouffle, nos doigts s’affinent et se dessinent, t’y crois toi on défile le visage creux le regard vide, mais non pas vide comme eux, vide à cause de la peur qui s’absente, et ça tu vois c’est d’ja pas mal.
La peur c’est pas le genre de truc qui file d’habitude la peur vaut mieux la tuer lui planter des aiguilles dans les veines, aiguilles à tricoter tu comprends rien gamin, aiguilles qui tuent j’t’ai dit. Tu sais la peur, elle se faufile absolument, faufile comme si comme si le fil, faux qu’elle dirait mais rien à voir elle se cache je cache tu caches il cache son jeu presque t’as vu, gamin.
Vidés d’nos peurs on file on court, vidés d’nos peurs parce qu’attrape ma main j’t’ai pas lâché tu vois, j’t’ai pas lâché moi j’ai pas peur, j’suis pas comme eux moi quand je cours je file pas je défile et t’as plus peur, hein gamin, c’est le printemps mais t’as plus peur et moi non plus, regarde.
samedi, mars 29, 2008
L'écoute.
Chaque centimètre de ta peau, sensible, à voir.
Ce ne sont pas des morceaux d’alphabet qui changeront quelque chose à.
Les yeux fermés. Les bras tendus je, chaque centimètre écoute-moi.
Courir courir sauter en l’air. L’air de rien, mais l’air de rien, regarde.
On n’sait plus très bien ce qu’il faut.
Faire. Crier. Râter.
Tu ne réussiras pas à me faire croire que, romantisme à l’appui et fils de fer au bout des doigts.
Les mains glacées s’accrochent, aux rideaux. Le reste attend.
Regarde un peu plus loin, regarde avance je te suis.
On s’abîme quand tu veux. Facile.
mercredi, février 27, 2008
Des tons.
Les vrais couteaux ne brillent pas. Ils coupent, dit-il. La fille a presque crié, crié sa peur, elle a presque lâché la main de cet amant-là, les vrais couteaux ne brillent pas mais où courent-ils, ces enfants de la décadence. Cet amant-là compte les pas, d’avant en arrière il décompte, cet amant-là déraille puis elle a si peur de ses yeux.
Tes yeux brillent comme des couteaux, lui disait-elle entre ses mains, cet amant-là déchante la pluie le danse il ne sait plus compter les heurts. Les vrais couteaux ne brillent pas il a des, lames de haine dans les cheveux, les mains emmêlées il les connaît par cœur, cet amant-là serre, serre la main de la fille juste là. Il la serre puisqu’elle partira, elle brille comme le vent et ses restes de souffle à lui n’allument plus. Grand-chose.
Il savait danser en tournant quand les couteaux ne marchaient pas. Elle regarde les cheveux froissés de cet amant-là qui s’enfuit qui s’affole, elle a presque crié son manque de, climatique, mais les mains, là, restent chaudes. Les vrais couteaux ne brillent pas. Il divague les mots lui échappent ils s’échappent, s’échappent de ses lèvres pourtant fermées si fort, les mots s’échappent les vrais couteaux ne brillent pas la pluie n’est plus très repassée et il chiffonne de la craie bleue dehors, regarde.
La fille écoute la fille vacille mais que dit-il cet amant-là, que cache-t-il derrière ses joues si creuses si faciles. Les vrais couteaux, ils coupent. Dit-il. Elle ne lâchera pas sa main même s’il déchante, cet amant-là. Puisqu’il est fou puisqu’il s’applique, couteaux qui brillent n’existent pas, n’existeront jamais assez. Cet amant-là n’est pas éteint, il se froisse les cheveux mais ne lâchera pas la fille. Il ne s’enfuira pas, pas cette fois. Le ciel clignote, regarde.
jeudi, février 21, 2008
Jamais, jamais, vous ne la rattraperez.
elle est comme l'eau vive.
La gamine, avec les dents, la tête. rideau déchiré vitres cassées,
et voilà qu'la tête des poupées, avec les dents, qu'elle te l'arrache.
ce ne sont que des numéros
il sourit, le pianiste, avec ses numéros. Pianiste à cordes à contretemps, quoi qu'il en soit.
soie.
la gamine ne touchera pas la robe de,
soie, critique.
Crispation c'est magique, crispation c'est anti, anti-sordide presque
ce sont des doigts qui se referment sur le tissu
Tissu d'à peu près vides, les doigts.
Des voix des voix des voix, sensationnel l'artiste attrape, attrape l'ignorance et cloche des yeux. Il cloche des yeux j'vous dis, il s'emmêle les.
pas de pinceaux y'a plus d'peinture
noir, blanc.
elle court comme un ruisseau, que les enfants poursuivent.
y'a l'histoire de tous ces russes qu'on
et encore
ils sont pas tous rythmiques, au bout du
conte. Pas tous mais presque incroyablement vicieux.
Lettres. J'ai plus le code mais non, postal, vous savez,
le code.
Entre vos doigts, l'eau vive s'envolera.
mardi, février 19, 2008
De quelle couleur.
Ne me regardez pas si dur, moi j’utopique passionnel vous savez bien. J’étranglais de l’imaginaire quand ces murs-là n’étaient que rouge et inconscience. J’étranglais des passions comme on désire de l’intouchable, utopique palpitant. Ne me regardez pas de si haut, vous n’y êtes jamais tombés. Crédules. Mais la passion court tellement vite, mais la passion s’enfuit s’éteint, paraît-il, je n’y crois pas. Si vous saviez si vous étiez, si vous saviez je la rêve infinie, la passion. Contradiction. Diction mais travaillez l’appartenance, l’appartenance ou rien, tu m’entends. Addiction, addiction comme fondement du plus beau criminel. Splendide. Arrêtez-les. Destruction perpétuelle plus exaltation permanente. Ne m’ouvrez pas les yeux, on survit pour si peu de choses. Abattez vos cartes. Mais si la passion danse un jour si cruelle, laissez-la faire, elle n’a jamais été aussi proche du sublime.
samedi, février 09, 2008
Qui cherche un trésor planqué sous les cailloux bariolés.
samedi, janvier 19, 2008
Inexacte.
L’inexactitude des regards, sensuels, sexuels, mais non des regards simplement, l’inexact. Me parlez pas d’violence, c’est trop criant. La violence me brûle toujours tout de l’intérieur, alors vos coups à vous, merci. Epargnez-moi, chacun son ventre, chacun ses heures, vos violences n’ont pas le droit de s’insinuer dans les miennes. Dit-elle.
L’inexacte amplitude des princes bordés de noir, des princes tout court, pas ceux d’la mélancolie hein, non, ceux-là, ils m’ensorcèlent, critique. Critique ou presque dramatique, le noir. En altitude il faut courir pour pas tomber, courir vite et sans regarder. Ben ouais parce que si j’croise un d’vos regards vicieux et méprisables, si j’vous croise si j’vous dévoile, stop.
Je tombe. Fond de cale. L’histoire dit on croise les bras la nuit on serre les poings le jour, recroquevillé on chante, tout court. Variations sur scène on ne déchante qu’absolument, coulisses. Les mots que j’avais avalés, mais vous savez sans faire exprès, les mots étaient revenus à genoux sur les graviers, ils m’avaient fait d’la peine avec leur grand air éperdu.
Mais j’ai rien dit j’les ai tous chopés un par un, en file indienne contre le mur, j’les ai chopés les mots, puis je m’entraîne, même si un jour quelqu’un finira bien par les fusiller brut. Le mec au sourire artistique les a tous fait revenir d’un coup, ils s’arrêtent plus depuis ses lèvres, ils s’impressionnent, les mots.
C’est de l’inexacte altitude puisqu’un roi n’est jamais roi qu’la nuit, le noir, et l’idéal l’emporte haut la main, un partout, ou plutôt non, plus rien nulle part. Du dramatique artificiel découd nos yeux cramés, du dramatique mais attendez, on n’est pas des artistes nous, on est des ivresses personnelles et on s’absente, souvent. Du cœur des autres, notez, on s’absente.
L’imprécis les abîme, mutilés, l’imprécis bouffe leurs navires et sauve la mer, pardon. Outrageusement close, l’ardoise coupe et casse et blesse, l’ardoise tombe et la fracture n’est plus en l’air. La mer est sauve et nos voiliers sont en partance au bord du jour. Ils souffrent, nos voiliers, ils souffrent et même l’altitude leur crache dessus, exacte.
Les cœurs sombrent et leurs trônes s’effritent, j’m’en fous les princes dansent au-dessus de l’eau, j’leur appartiens mélancolique, et dramatiques ils me déchantent, les princes.
dimanche, janvier 06, 2008
Sol.
Détrompez-vous c’est pas d’la régression, ici, c’est de l’insoutenable. L’insoutenable on le connaît, on finit par arrêter d’le dessiner puis j’ai qu’un feutre noir qui sent le feutre noir, pas assez classe pour de l’émotionnel, pas assez classe j’vous dis, le mode indélébile. La régression c’est bien autre chose, un truc vaguement théorique vaguement conceptualisé, moi j’y comprends rien à tout ça, la régression ça m’ferait mal, je m’allonge sur de l’insoutenable et je ne vous dessine rien. Vous voyez bien, y’a rien d’autre à savoir. De la douleur, dans les coins y’en a partout, derrière toutes les phrases, en diagonale ou à l’envers, y’en a même en pointillés il s’agirait d’la contourner, cette pute. La douleur c’est juste trop facile, on ne l’explique même pas la douleur on la sait. On la sait tellement bien qu’elle en devient banale, mais moi si j’avais des crayons, des crayons de couleur, j’vous montrerais à quel point l’insoutenable m’attaque. J’vous montrerais son absence et mes nuits juste vides, j’vous montrerais mes yeux brûlants ou même, si ça se trouve, si j’avais des crayons j’vous montrerais que dalle. Détrompez-vous c’est pas d’la régression, je n’suis pas folle ou plutôt si, j’implose, je brûle de son sourire mais je n’m’éteindrai pas comme ça, vous savez j’ai des putains d’allumettes moi, dans les yeux, dans les poches, dans ce qui reste de mon coeur.
jeudi, décembre 27, 2007
La cruauté ne m'éloigne même plus.
Passer sous la corde c’est presque facile quand on les regarde danser de loin, quand on les regarde on se dit moi aussi demain je passe sous la corde, sans les mains sans les yeux sans le cœur la corde est attachée aux arbres elle n’est même pas trop basse la gamine avec ses boucles elle passe dessous sans les mains sans les yeux mais toute façon elle a pas de cœur, c’est une gamine quoi, tu sais bien.
Passer la nuit c’est presque identique presque facile tu sais mais c’est la nuit qui ne passe pas elle attend elle attend qu’on, sans les yeux, mais le cœur prend toute la place alors faudrait verrouiller les mains bref la nuit ça marche pas comme on voudrait comme pour la corde comme pour les arbres.
La nuit les yeux grands ouverts je doucement je sais je sais bien qu’il aimerait m’envoyer loin loin loin vous savez, il voudrait que je m’habille de silence que j’arrête tout que je le déplace à l’autre bout de mon coeur vous savez je le comprends, moi aussi je voudrais bien je voudrais bien passer la nuit sans les mains sans les yeux sans ce cœur à la con qu’ils feraient mieux de m’arracher je voudrais bien mais c’est pas vraiment très possible vraiment très là tout de suite.
Passer la nuit c’est comme oublier ses lèvres c’est du fictif faut pas y croire c’est pour de faux de l’impossible, oublier moi je peux pas mais vous savez parfois j’essaie, vous me croyez pas je vois bien, vous ne savez pas, vous, ses lèvres. Parfois j’essaie mais le problème il y en a un, bien sûr qu’est-ce que vous croyez passer la nuit c’est bien facile sans les problèmes, le problème c’est je le voudrais pour de vrai, je voudrais l’emmener loin loin loin vous savez moi j’appartiens, j’appartiens toujours un peu trop, j’appartiens dans le vide mais c’est un vice.
Vous savez le fil qui nous reliait lui et moi c’est bien le dernier que j’avais envie de casser, vous savez le fil moi je crois, on peut toujours y faire des nœuds, on peut toujours le réparer, ouais mais lui il dit qu’un fil c’est pas une corde, lui il finira par se ramener avec ses ciseaux argentés et vous savez, même mon prénom il l’oubliera. Mais mon prénom ça je veux pas, l’anonymat j’en tremble la nuit le jour l’anonymat il va m’y jeter vous croyez ?
Passer la nuit j’essaie même plus, vous savez comme moi qu’on n’y peut rien, que c’est comme ça, que t’avais qu’à faire gaffe à ton cœur tu t’attendais à quoi connasse, vous le savez et moi aussi, mais je peux plus, là, absolument plus.
vendredi, décembre 21, 2007
Des toiles.
J’ai jamais vraiment su de quel côté tombent les étoiles, au mieux on oubliera de les compter, résultat ça brille par terre mais là-haut y’a plus assez de monde. Par terre on les regarde jamais vraiment, on passe, on repasse, on écrase et l’actuel c’est juste du vide. Du noir à la limite, pour ceux qui pensent à faire des comptes, contes, pour ceux qui avalent des épées à coups de sourires et qui nous narguent pas mal. Faut pas me faire croire qu’ils sont nombreux, les solitaires du bout du monde. J’ai jamais vraiment supporté ceux qui te crachent leur bonheur au coin de la gueule, tu sais l’attendrissement c’est un concept dépassé, moi j’sais bien qu’ils ne font que la planter un peu plus dans nos ventres gelés, leur sale épée. Ils crachent mais t’en fais pas un jour, il auront plus d’salive. Bouche bée, tu verras. Des nuits durant ils nous regarderont, les yeux brillants, la joie écrite en grands sur leurs visages arrondis mais ils diront plus rien, plus d’salive j’te dis. Et nous, nous d’en bas de tout en bas on leur criera notre douleur à la con, on criera tellement fort qu’on les tuera, tu m’entends, on les laissera crever dans leurs étoiles. Rouges. Des salopes, les étoiles. J’dors plus mais c’est à cause de ce truc qui me chope dès le matin, qui me couche par terre et qui finira par m’éteindre, j’dors plus mais tu sais les étoiles j’les vois même pas, y’a bien trop longtemps que mes volets sont fermés faut pas croire. L’actuel c’est du glacial de l’insoluble et l’autre quand il chante oublier ces heures qui tuaient parfois à coups de pourquoi le cœur du bonheur il chante, ne me quitte pas. Moi j’peux toujours chanter j’ai jamais su avaler un couteau, c’est pas une épée en fer qui rallumera mon sourire d’enchantée, mon sourire qui ne compte plus, les étoiles tombent il fait nuit mais sûrement pas assez fort, tu me manques.
jeudi, décembre 06, 2007
La mer c'est dégueulasse, les poissons baisent dedans.
Le papier, c’est pas un vrai traître. On le saurait. Le papier brûle mais pas seulement quand il est blanc. Même les carreaux, barreaux, prennent feu si le vent tourne mal, tourne tout court tu vas me dire. Après, pour les histoires d’altitude il suffit pas d’planer pour faire venir la neige. C’est le principe, le crime passionnel, tu comprends. Elle tire, il crève, et la neige tout le monde l’emmerde.
Le mec avec son accordéon chante au coin de la rue, tout le monde sait que dans les coins personne s’attarde. Il joue les yeux fermés pour oublier qu’personne s’arrête, faut les comprendre mec, on a tous peur du noir. On les comprend, on comprend rien, l’attente c’est plutôt marrant comme spectacle. C’est comme le jour où le mépris sera plus seulement climatique.
Le jour où on chantera tous pour oublier qu’on ne sait pas chanter, mais c’est déclinable à l’infini, comme concept. Moi j’dis ça parce qu’avec ta gueule d’ange tu chanterais faux mais juste, au coin d’la rue. Vous savez y’a bien longtemps qu’on ne boit plus la neige, qu’on ne boit plus grand-chose, quoi que. Et les rideaux c’est bien pareil. T’en connais, toi, des mecs logiques qui continuent à les ouvrir, les rideaux ?
Des mecs conscients, j’veux dire pas nous, pas vous, non les autres, les mecs sérieux quoi, merde tu comprends. Les mecs sérieux, ceux qui sont sur la même ligne que ta sale main au bout du cerf-volant. Le bleu et blanc, de cerf-volant, celui qu’on voit pas tout le temps tellement le ciel est bleu et blanc, souvent. En fait y’a toujours un moment où le sable, c’est plus du sable, ouais le décoratif il s’en lasse, toi tu sais pas ce que c’est le décoratif. T’as jamais rien fait d’autre que d’ouvrir ta grande gueule pour qu’on te regarde te vautrer dans la boue.
Bref le sable j’te dis, un jour il se lève. Il te saute dans les yeux, il veut te tuer, une histoire de nerfs, il prétend. Enfin vous savez bien quoi, le sable dans les yeux c’est pas nouveau, c’est comme la neige mais imbuvable. Alors tu t’retrouves comme un con, t’as perdu mec, faut pas jouer là y’a des cailloux. T’as perdu, à la limite pose toi dans un coin et n’aies pas peur, personne viendra jamais te chercher, il neige. Mais je vois bien tu sais, vous comprenez pas par où ça brûle, ça brûle au niveau d’la tête, y’en a qui disent, des prétentieux, que ça suffira pas.
Y’en a qui disent regardez-la qui trébuche et qui se la joue barres parallèles alors que rien n’est plus tordu qu’ses sentiments. Quand je vous dis Mes nuits sont plus belles que vos jours c’est pas d’la neige c’est pas du parallèle, non mes nuits dans ses bras sont plus belles que vous tous réunis, et regardez comme on dérive, comme on s’éloigne, regardez comme je perds le fil de mon histoire, le mec triste au coin d’la rue, hé mais qui t’as dit qu’il était triste, le mec au coin d’la rue. Tu vois tu joues même pas, tu fais semblant.
Ecoute moi quand je te parle, me regarde pas j’ai fait tomber la règle en fer et ça a fait encore moins de bruit que leur putain de papier tout pâle tout déchiré. Le type, il chantait, aimer ça tue les oiseaux, les oiseaux pourtant moi j’m’en fous mais le type tout le monde l’écoute. Les oiseaux j’vois pas pourquoi, qu’ils crèvent tous dans leur ciel personnel, qu’ils brûlent qu’ils.
Mais non, c’était pas ça l’problème, aimer ça flingue tout court, c’est pire qu’le coin d’la rue, rends toi compte gamin, c’est brut, brut genre mortel, au début les ombres artificielles ça devait être très esthétique. L’esthétique je cours pas après mais parfois j’l’envie presque, facile.Attends mais l’envie c’est pas juste un morceau de temps au milieu du bordel de nos corps, tu m’emmènes où là, mec, tu fais quoi dans nos miroirs, elle disait t’en vas pas elle disait tu sais la fumée ça en jette ça tape dans les poumons mais partir en fumée c’est juste pas pareil.
Partir en fumée, partir juste loin de moi tu l’feras pas, hein, elle disait. Elle faisait brûler du papier blanc derrière ses points d’interrogation mais on savait pas qui allait mourir le premier, y’avait juste un accordéoniste dans un coin et des mots sur pilote automatique, histoire de les baiser correct, les mecs sérieux.
lundi, novembre 12, 2007
Nos allumettes et nos copeaux.
Si le silence croise nos fous.
Entrelacés de ce qu’il reste des arrières, puisqu’alors enivrés jusqu’aux moindres rumeurs. Juste enivrés de leurs attentes, presque, idéales. Croisés puis décroisés, nos fous. Mais le silence au bout du pont n’est pas vraiment un témoignage.
Le silence est un lâche. Il fuit, ça craque. Partez. Bien au-dessus des flots ce sera nos refrains, refrains idiomatiques histoire d’entendre ce qui vole. Bien au-dessus, et tu sais bien. Arrêt sur l’heure d’avant en partant de la fin, mais pas plus bas, crie-moi. Fous.
Ils auraient plutôt l’air de longues araignées prisonnières d’un océan de miel, infiniment, mielleuses agilités face aux. Mécaniques. Ils chantent.
Ça parle d’horizon, de là juste là sur le fil, et de cailloux ; ça parle de. Courir au bord de l’eau qui d’environ s’échappe. Martèlement obligatoire, rangez-vous là non juste ici, martèlement en file indienne, ce sont nos fous, ouais, les Seconds. Cachés au fond des têtes, enveloppés de nos sublimes.
Mais pour de vrai j’ai même pas mal. Je me déguise on les déguste, et l’important. Au coin des couteaux qui nous brillent. Nos fous trébuchent, mais c’est à cause du mal de mer, ils trébuchent et regarde leur sang, regarde comme on vit. Insomnies presque cruelles en ligne de mire, il s’agira juste de courir encore plus vite encore plus fort encore plus loin.
J’absurde et tu m’obsèdes, tu ne vas pas le croire, Novembre ne s’est pas encore cassé la gueule. Nos fous s’affolent, spectaculaire. J’exulte.
samedi, septembre 29, 2007
Systématique altitude.
Notes symétriques et violons désaccordés, mais depuis quand faut-il compter sur les violons. Le rendez-vous du camp des ex-idéalistes dont l'idéal ne tenait pas si fort que ça, des faibles en somme, des rêveurs qui ont définitivement cessé de s'assumer. Assis par terre et bras croisés, dos à la mer et face au vent, du haut des grandes désillusions y'a forcément plus rien à craindre. Une orientation quasi involontaire vers des litres de solitude, de la solitude en boîte, mais c'est pas de la consommation ça, c'est du vide. Il n'y a plus rien d'électrique dans nos fils à peine dénudés, plus rien des vieux barbelés qu'on laissait traîner pour voir ce que c'était que la souffrance, mais c'était juste histoire de se rendre compte, tu sais.
L'électricité c'était une jolie mauvaise idée. C'était l'envie juste bourgeoise de sortir du néant qui malgré lui finissait par trouver un sens un équilibre enfin tous ces concepts qu'on ne connaîtra plus. J'ai pas fait exprès mais l'amour c'est électrique tu vois, un court-circuit et tout m'explose à la gueule. Tout, c'est pas seulement ses yeux. Tout, les illusions les idéaux les mots qu'il était plus facile d'écrire quand on n'y connaissait rien. Je désorganise le jusqu'ici et certaines pièces du puzzle se sont égarées sous un meuble : on n’arrive pas à reconstruire l'histoire, l'image, ah oui, ma vie.
En fait c'était peut-être juste un faux contact, mais faux contact c'est bien trop cruel, tu sais mes sentiments c'était pas pour de faux, c'était juste un peu trop, mais c'est à cause des marins, des pirates et de leurs foutus bateaux. Rien d'autre après tout, rien de plus absurde. Juste des bouts d'idéaux du haut d'un pont qu'on n'avait pas envie de traverser et tu sais on aurait mieux fait de rester là-dessus, ça vaut pas le coup, de l'autre côté. Ouais du côté du réel on se prend plus pour des artistes, non, on se prend plus pour rien du tout, on se consume, en choeur.
mercredi, août 15, 2007
Allez viens.
Jetons nos pieds loin de leurs cous, on ne sait pas sous quelle couleur l'asphalte éclate. Crions nos yeux à bord des verres entassés là, ébréchés, presque toxiques mais tellement vides. Revenir. Lever nos poings à l'instant qui refuse de partir mais qui s'est pourtant bien cassé la gueule. Jouer des restes de préludes malgré l'appel d'un épilogue. Allez viens, y'à qu'à faire semblant de rien. Juste un peu fermer les yeux, rien qu'y croire un tout p'tit peu. On n'y croit pas du tout mais on se crève les yeux quand même, paraîtrait qu'on rêve mieux quand ils se ferment.
mercredi, août 01, 2007
Abus.
Il y aura de l’intense. De l’intense, puis de l’abstrait. Vulgairement étalés sur les miroirs que nos poings auront envisagé de briser, laissant la place aux larmes, alors on écrira plutôt la suite, vulgairement étalés sur nos miroirs embués, point. Il y aura du presque éternel, si suffisamment longtemps nos yeux se ferment et s’illusionnent, si suffisamment fort à vrai dire, pourquoi ne pas refabriquer les mêmes poupées les yeux fermés.
Il y aura les planches, de celles qui craquent d’avoir trop peu servi avant de prendre l’eau, d’avoir trop peu senti tanguer les matelots ivres valsant au port avant de subir malgré elles les tempêtes du plein océan. Mais au bout de nos doigts, le dangereusement chronique aura choisi de s’entasser jusqu’à l’automne, et s’il ne tombait pas avec les feuilles, virgule comment le sentir craquer lui aussi sous nos pieds. Les doubles fenêtres s’obstinent, fenêtres ouvertes sur nos inconscients bien plus maladifs que ce que le mode d’emploi nous avait laissé croire.
L’entre-deux d’une situation cassée d’embruns, vaguement dramatique et moyennement durable, absolument critique en vérité. Rayer tant bien que mal les depuis quand oui mais jusqu’où mais tu sais bien petit, on refuse de savoir. Comme si notre froideur presque instinctive allait servir à quelque chose. Mais pourquoi faire en sorte que tout crisse aux alentours, quand même les plus amoraux finissent par tomber là, dessous, à côté de nos cendres.
Les fonds de cale n’étaient qu’histoires de point de vue, regarde un peu comme l’inachevé nous torture, regarde comme il se dresse contre le vent de ceux qui, pause. A croire que l’artistique achèvera d’éteindre nos yeux déjà transis de solitude. On court contre les incidents émotionnels, on court tant bien que mal mais au bout du vertige que faire, où cacher nos sentiments déchirants, ceux qu’ils se sont par la suite amusés à déchirer. Il ne restera que la prose, celle qui n’en sera même plus. Dévoilement pathétique de tout ce que l’on est encore capable de ressentir, et même plus tout à fait capable d’écrire.
