lundi, novembre 08, 2010

Oh dis moi qu'est-ce que ça peut faire.

La vitre du train contre laquelle je ne m’endors pas est si froide, le matin. On ne distingue presque rien, au dehors, mes yeux se faufilent entre les morceaux de verre que la buée ne voile pas, je ne distingue presque rien et tout est si froid, le matin. Parfois je croise le regard de la fille au parapluie blanc, elle regarde droit devant elle, elle fait tout ce que je ne fais pas. Je ne regarde pas devant moi parce que je ne veux pas voir le vide, je ne veux pas savoir l’absence je préfère croire, il vaut mieux croire quand on est une fille comme moi, une fille qui n’a pas de parapluie blanc. Parfois je me dis que la pluie n’est là que pour recouvrir les larmes et parfois je sais à quel point cette idée est absurde, les larmes ne se recouvrent pas elles s’avalent, parfois la pluie glisse puis disparaît. Le jour s’enfuit si vite que je n’ai pas le temps de regarder les traces de pas se diluer, les traces de pas de tous ces gens qui marchent bien plus vite que moi. Le jour s’enfuit et je m’endors au milieu des tourments, au milieu de ce qui est lancinant obsédant, je m’endors et me réveille en sursaut puis la vitre est si froide, le matin.

Je regarde l’hiver et doucement me hantent toutes tes nuits qui ne sont pas miennes.

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