jeudi, février 10, 2011

dix

Puis j’ai voulu mourir mais il était quatre heures du matin et l’ampoule de la cuisine était grillée. Je me suis assise sur le carrelage et j’ai pensé à des choses vertigineuses comme l’indifférence et le désir. Aujourd’hui il y a eu midi et demi et le reste, je me suis sentie intrusive à chaque voix que par inadvertance j’entendais, à chaque regard absent que malencontreusement je surprenais puis j’ai voulu mourir. J’ai pensé à des choses scandaleuses comme le surjoué et comme tout ce qui est vain, je ne pouvais pas m’asseoir sur le carrelage et le dos de la chaise n’était pas anonyme j’ai pensé à l’intrusion et à l’absurde. Je ne voulais pas vous voir je ne voulais surtout pas vous entendre et bien sûr les gens sont ouverts à l’intrusion fortuite à l’intrusion concertée bien sûr j’ai voulu mourir et j’ai surtout craint de faillir au beau milieu du monde, de le laisser entrer en moi et de lui offrir le spectacle de ce que les choses vertigineuses ont déjà broyé.

2 Comments:

Blogger Zelda Zonk said...

Et moi je me sens un peu intrusive de lire tout ça mais juste, c'est si joliment dit, même si, au fond, ça a l'air guère joli...

février 10, 2011 8:49 PM  
Blogger maime-que said...

au fond rien ne doit être dramatique, j'imagine
en tout cas je te remercie, même.

février 13, 2011 12:49 PM  

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