lundi, juin 06, 2011

401

Les hommes qui ont enlevé leur veste à l'arrêt de bus et qui la gardent là, pliée sur leurs genoux comme un trésor, les deux mains posées à plat le long du col, ces hommes-là ont le côté maladroit de ceux à qui l'on a dit lorsqu'ils étaient enfants garde ton manteau tu vas prendre froid et qui timidement s'émancipent en secret de ce qui les a construits. Les hommes restent assis avec ce regard qu'ils imaginent déterminé et qui s'avère tellement enfantin, les mains posées sur le col de leur veste certainement trop grande pour eux, les ongles courts, courts et droits comme tout ce qu'ils ne sont pas, ces hommes-là attendent et n'attendent pas vraiment le bus. Je me suis assise à côté de l'homme et de sa veste bien pliée sur ses genoux, son regard disait j'ai l'intelligence sociale d'un enfant de quatre ans mais je sais attendre le bus, les hommes ici, là-bas, les hommes assis au centre de leur vie sont si touchants, parfois.

3 Comments:

Anonymous IE said...

Vraiment magnifique de justesse, de douceur, d'originalité. La notion d'intelligence sociale d'un enfant de quatre ans... associée à ce portrait. C'est parlant. Je perçois qu'il y a quelque chose de fondamental. je ne l'aurais jamais écrit ainsi. Remarquable. 401- direction les Tarterets?
Une cité qui me ferait immédiatement plonger du côté de ce monsieur tant la différence est énorme entre une intelligence sociale de 4 ans et aucune intelligence sociale du tout... Merci pour ces belles lignes.

juin 07, 2011 3:42 PM  
Anonymous C. said...

C'est parfait.
Et pas seulement parce qu'il y a plus d'hommes dans ta note que dans ma vie.

juin 07, 2011 11:40 PM  
Blogger maime-que said...

Tu me fais rire.
:)

juin 08, 2011 1:58 PM  

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