mercredi, juin 15, 2011

mais je vis faute de mieux

mais on est toujours là comme des cons, toujours bien statiques à attendre que quelqu'un vienne nous sauver la vie je me demande en quoi tu crois disent les murmures intérieurs on est ici immobiles et sans fléchir on pense quelqu'un viendra me sauver la vie mais personne ne sera assez naïf pour essayer de guérir un naufrage as-tu déjà vu des naufragés enfoncer dignement leurs ongles dans le sable parce que quelqu'un avait pris la peine de les serrer dans ses bras, sans rire, as-tu déjà vu quoi que ce soit d'aussi absurde on est là comme des cons, on est là bien statiques dans le genre je refuse de croire que je ne suis rien d'autre que minable mais on ne bouge pas on est toujours là bien statiques à réaliser qu'ils ont tout oublié, qu'on n'a jamais oh non jamais existé et quelqu'un va venir nous sauver la vie dit une voix anonyme mais non personne ne viendra nous allons mourir tu sais dit la voix lointaine et si sûre, nous allons mourir et je ne veux rien d'autre, on est toujours là parce qu'on ne peut pas bouger je ne veux pas bouger nous sommes statiques nous sommes seuls et abandonnés comme dans tous les cauchemars du monde et je ne veux pas croire que je n'ai pas vraiment existé pourtant dit la voix intérieure personne ne se souvient, on est là bien statiques et je ne vois que tes mains que tes lèvres autant fermer les yeux sur ce qui n'a soi-disant pas existé, on n'a jamais été aussi statiques aussi ridicules on ne peut plus rien déclarer si ce n'est s'il te plaît viens me sauver la vie personne ne viendra tu sais personne n'est plus statique que ton espoir englouti dit la voix presque morte.

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Les mots jetés sans ponctuation en un souffle un éclair de génie comme toujours j'ai envie de faire pareil comme un écho une petite copie un reflet de toi de moi je peux tout partager dans tes mots même si je sais le statique et l'espoir qui renait toujours avec des mots même statiques même figes même écrits parce qu'ils existent ouais ils existent encore après avoir tellement existé mais pas encore assez pour tout prendre tout remplacer tout refaire tout bouger tout souffler tout emporter l'indicible inaudible inutile bref tout moi quoi monstrueux moi qui s'est bien enfermé à combien de tours sais même plus tellement y en a ... mais ça fait du bien des mots comme des bras qui viennent nous entourer un moment ...

juin 15, 2011 11:50 PM  
Anonymous F. said...

Juste une petite pensée : je ne trouve pas que l'on soit statique ; on progresse même de manière invisible, trop lentement ou trop vite parfois. Le chemin parcouru paraît souvent (je crois) étonnamment grand quand on essaie de le refaire à l'envers. Surtout lorsqu'on a grimpé et qu'on redescend en montagne. C'est un exemple mais c'est vrai qu'à l'échelle des montagnes, la marche parait quelquefois statique : elle ne l'est pas en réalité à l'échelle de l'individu, en tt cas, pas pour l'individu que je suis et peut-être pas non plus pour toi. Imperceptiblement, comme tous les instantanés que prend notre inconscient, on avance. Les deux meilleurs ingrédients sont la présence et le relief. C'est beau. Même si je peux rien te montrer là tout de suite, c'est très beau...

juin 16, 2011 3:42 PM  

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